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Buts et valeurs de la coopérative

Voulant faire faux bond aux soi-disant "lois économiques du marché" qui ne leur proposaient que des aliments insipides, au coût social et environnemental élevé, cultivés aux antipodes et dont seule la haute teneur en pesticides comblait la perte en nutriments, une trentaine de consommateur·ices fondait en 1978 "Les Jardins de Cocagne".

Les buts d'alors sont restés inchangés aujourd'hui

  • avoir accès à une production locale et de saison, sans artifices dispendieux ni polluants

  • pratiquer une agriculture respectueuse de l'environnement et du sol, sans intrants chimiques

  • procurer un salaire décent aux jardiniers

  • diminuer le gaspillage au champ en renonçant aux légumes calibrés

  • être solidaire du métier d'agriculteur en payant le travail fournit plutôt que la quantité produite

  • retrouver le vrai goût des aliments, manger sain

  • redécouvrir et avoir accès à des légumes ou des variétés méconnus voire oubliés, déchus des étalages car non rentables ou non-conformes aux goûts standardisés.

  • rapprocher la ville de la campagne en recréant des liens entre consommateurs et producteurs

  • redonner au consommateur la voix au chapitre sur ce qu'il mange
     

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La qualité gustative et nutritive est privilégiée à la productivité. Cette dernière ne prenant en compte que le poids des aliments, favorise les légumes gorgés d'eau et de nitrates. Les transports inutiles, les emballages surabondants, les intermédiaires gourmands sont supprimés, permettant de rendre abordable des aliments sains et biologiques tout en rémunérant équitablement les producteur·ices.

La production respecte entièrement le cahier des charges pour l'agriculture biologique. Fumiers et composts sont utilisés pour nourrir le sol, qui à son tour nourrira les plantes. Le désherbage est mécanique et manuel. Les traitements sont limités au strict nécessaire et quand ils sont présents sont tous d'origine biologique et 100% biodégradables. Pour lutter contre les maladies et les ravageurs, sont favorisés les rotations de culture, un travail du sol non-agressif et une large place accordée à la nature sauvage au sein du jardin, telle que haies, bandes herbeuses, flore spontanée...

La diversité des cultures rend le travail non-aliénant, contrairement à ce qui se pratique dans la plupart des exploitations maraîchères modernes, où moins d'une dizaine de légumes sont cultivés sur d'immenses surfaces, rendant le travail répétitif à outrance. La même diversité des cultures permet un approvisionnement régulier des cornets, toutes les cultures réagissant différemment aux variations climatiques et chacune ayant son ou ses ravageurs spécifiques.

Le plan de culture établi par les jardinier·es tient compte des désirs et besoins des coopérateur·ices tout en faisant avec les possibilités qu'offrent nos latitudes : les tomates cultivées sous abris non-chauffés n'offrent leurs fruits que de début-juillet à fin-septembre, même si les étals des supermarchés nous font croire le contraire. La coopérateur·ice réapprend alors à se nourrir au gré de ce que lui offrent les saisons. Ce qui pourrait paraître comme une atteinte à son droit de consommer se convertit peu à peu en plaisir : plaisir de l'attente des premières courgettes, plaisir de redécouvrir le goût des aubergines et enfin acceptation du fait que les courges annoncent l'automne et la dent-de-lion le printemps.

Articles à téléchager

Restons en mouvement !
Vive les quarante ans de Cocagne !
Éléments pour réfléchir aux quarante prochaines années de la coopérative.
Reto Cadotsch et Frédéric Deshusses (PDF 30Mo)

La coopérative maraîchère genevoise Les Jardins de Cocagne.
Une alternative au changement de la politique agricole suisse ? Christine Schilter IUED 2002

Agriculture contractuelle 2001
Proposition au DIAE

 

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